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Je remets tout au lendemain : comment arrêter de procrastiner ?

“Je le ferai demain”... La procrastination est le fait de remettre à plus tard chaque tâche prioritaire qui se présente. Le procrastinateur préfèrera une activité plus divertissante et non-prioritaire. Ce trouble peut avoir différentes causes. Comment changer et s’y mettre dès maintenant ?

Qu’est-ce que la procrastination ?

Définition de la procrastination

La procrastination est le fait de remettre systématiquement à plus tard une tâche prioritaire, essentielle, qui pourrait être faite dans l’immédiat. Le procrastinateur fera alors passer son plaisir en premier en favorisant une activité plus divertissante, mais secondaire. Aujourd’hui, les distractions sont nombreuses : internet, télévision, jeux-vidéo, scroller sur son smartphone… Et le télétravail, avec une meilleure souplesse à fait également naître de nombreux procrastinateurs.

Tout le monde procrastine. Et ce n’est pas grave en soit de remettre au lendemain de temps en temps. Chaque 25 mars d’ailleurs, est célébrée la journée mondiale de la procrastination. Imaginée par David D’Equainville, fondateur des éditions Anabet, elle permet de mettre en lumière une procrastination positive, afin de prendre du temps pour se reposer, afin d’être plus performant le lendemain. D’ailleurs, il existe des procrastinateurs célèbres tel que Steve Jobs par exemple. Enfin, dans l’Egypte antique la procrastination était caractérisée comme le fait d’attendre le bon moment.

Néanmoins, lorsque cet évitement devient récurrent, cela peut créer un sentiment d’angoisse et de culpabilité. La procrastination peut donc avoir des conséquences sur notre santé mentale et mettre en péril notre carrière, notre travail ou notre vie de famille… Selon une étude YouGov réalisée en 2019, “plus d’un Français sur deux affirment procrastiner régulièrement”.

Quelles sont les causes de la procrastination ?

Des études ont montré que des comportements tels que l’anxiété, la faible estime de soi, le perfectionnisme, mais aussi la peur de l’échec, ou l’absence de plaisir immédiat peuvent avoir un lien avec le fait de tout remettre au lendemain. La procrastination n’est pas une pathologie ni synonyme de flemme ou de fainéantise. Elle n’est pas non plus caractéristique d’une mauvaise gestion du temps. Il s’agit plutôt d’une mauvaise gestion des émotions. La procrastination est donc un trouble émotionnel.

Le procrastinateur vit le moment présent uniquement

Plus l’échéance d’une tâche à réaliser est lointaine, moins est favorisée la mise en action. Combien d’étudiants, devant rendre leur thèse, s’y mettent à la dernière minute alors qu’ils ont des mois, voire des années pour la finaliser. Le procrastinateur vit le moment présent et ne se projette pas dans le futur. Cela peut lui jouer des tours, car sa manière de gérer le temps, ne laisse guère de place pour l’imprévu.

Par ailleurs, dans la vie, il n’y a pas toujours d’échéance, ou de deadline à respecter, car on fait aussi des choses pour soi. Se mettre au sport, changer de carrière, tester de nouvelles expériences, personne ne sera là pour nous réprimander si l’on ne s’y met pas. Nos projets de vie ne dépendent de personne d’autre que nous. La procrastination est ainsi un obstacle à l’épanouissement.

Comment arrêter de procrastiner ?

Avec l’aide d’un psy pour mieux gérer les émotions

Comment arrêter de répéter à longueur de temps “on verra ça demain”, “je le ferai plus tard”, et se sentir submergé quand on s’y prend à la dernière minute ? Un psychologue pourra vous aider dans votre démarche à mieux gérer vos émotions et comportements, pour mieux gérer votre temps et ainsi reprendre le contrôle. La motivation est également un levier sur lequel vous pourrez travailler avec un thérapeute, notamment, sur les pensées dysfonctionnelles (interprétations biaisées que nous faisons du monde) qui vont bloquer une action.

Comment lutter seul contre la procrastination ?

Il existe des solutions pour se débarrasser de ce trouble :

  • Se fixer des échéances claires
  • Ne plus tolérer aucun report
  • Associer une tâche difficile et à une récompense
  • Établir une liste de tâches à effectuer, en indiquant les délais et un ordre de temps nécessaire à respecter pour les terminer
  • Anticiper les imprévus
  • Opter pour un cadre sans distraction
  • Prévoir des moments de détente

Quel est le contraire de la procrastination ?

Il existe un trouble contraire à la procrastination : la précrastination. À l’inverse du procrastinateur, le précrastinateur s’empresse d’accomplir une tâche dès qu’elle se présente. Ce comportement peut être aussi néfaste. En effet, la précrastination, c’est être constamment noyé par une liste de tâches non achevées. Dans la vie professionnelle un tel comportement peut mener au burn-out.

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