Que va-t-il se passer le 11 mai ?
Le 11 mai est la date qui a été choisie pour amorcer le déconfinement des Français. Mais comment cela va-t-il se dérouler ? Pour le moment, le gouvernement travaille toujours sur une sortie du confinement progressive, afin de sortir petit à petit de la crise sanitaire. Cependant, mis à part la reprise certaine dans les établissements scolaires, il reste beaucoup de zones d’ombre. Devrais-je continuer à télétravailler ? Pourrais-je rendre visite à mes proches ? Sera-t-il possible de prendre des vacances cet été ? S’agira-il d’un confinement alterné ou organisé selon les régions ?
La peur d’un déconfinement trop rapide…
Le 11 mai ne sera pas un retour à la vie normale. Selon les résultats d’une analyse menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur, 5,7 % de la population française aura été infectée par le COVID-19 d’ici au 11 mai. Il subsistera donc pour la majorité des français la peur d’être malade. Aussi, d’autres questions se posent quant à l’évolution de l’épidémie. Comme en Chine placée en quarantaine puis déconfinée, la France subira-t-elle une nouvelle vague d’épidémie ?
Outre le soulagement ou l’angoisse, de nombreux français ont exprimé de la colère à l’annonce d’un déconfinement qu’ils jugeaient trop prématuré. Ce mécontentement est particulièrement présent chez les professeurs et parents d’élèves à l’annonce de la reprise des cours. Les écoles fermées en premier, lieu jugé risqué à l’époque (difficulté à respecter les gestes barrière…) rouvrent en premier.
Le développement de nouvelles craintes
Dans les années 60, le docteur Maxwell Maltz s’est rendu compte que s’adapter aux changements et nouveaux comportements prenait 21 jours. Avec le confinement qui aura duré deux mois, notre cerveau s’est donc accommodé de la situation. Nous nous sommes créés notre routine et avec elle un sentiment de sécurité. Le déconfinement n’aura donc pas qu’un effet libérateur et pourra développer de nouvelles phobies ou attitudes : agoraphobie (peur de la foule), peur de la maladie ou entraîner des comportements compulsifs comme la surconsommation suite à une privation… Il est également possible que des stress post-traumatiques apparaissent ces prochains mois. Il faudra donc être vigilant.
Vers une nouvelle manière de vivre ?
Comment se préparer à la vie d’après ? En ne s’y préparant pas ! Planifier, organiser provoquerait un sentiment de vouloir tout contrôler, pour finalement ne pas se sentir à la hauteur, puisque personne ne peut composer avec l’inconnu. Lors de l’annonce du confinement, personne n’était prêt, et chacun a fait selon ses moyens. Nous sommes tous uniques et réagissons différemment, il faudra tenter de lâcher prise et réapprendre à vivre au jour le jour.
Le confinement a été propice aux réflexions personnelles et professionnelles. Envie de changer de travail, gestes altruistes, prise de conscience écologique… Cette nouvelle manière de vivre nous permettra-t-elle de poser un regard neuf sur le monde ? Pour le moment, rien ne permet de le savoir. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il faudra du temps pour reprendre une « vie normale » et panser les traumatismes.