Qu’est-ce la peur de l’abandon ?
Nous l’appelons peur, sentiment, syndrome, complexe, abandonnite ou trouble de l’attachement : la peur de l’abandon ou du rejet est une manifestation de la dépendance affective. Elle se caractérise chez la personne souffrant de ce syndrome d’une peur viscérale et d’une anxiété dès lors où elle se retrouve seule. Elle ressent de la douleur à l’idée d’être abandonnée dans une relation amoureuse, amicale ou familiale. Dans les différentes relations qu’elle entretient, la communication est défaillante. L’abandonnique éprouve de la difficulté à exprimer ses idées, à dire non même si elle pense que son interlocuteur à tort, et enfin ne sait pas poser de limites.
Comment se manifeste la peur de l’abandon ?
Une personne touchée par la peur de l’abandon a donc tendance à s’oublier pour vivre en fonction des autres. Elle est prête à tout pour obtenir l’amour d’un conjoint(e), ami(e) ou parent. Par peur de déplaire, elle néglige ses besoins et désirs pour se conformer à ceux des autres, dans le but d’obtenir de la reconnaissance, de l’amour ou de la considération. Elle est constamment dépendante des regards extérieurs pour juger de sa valeur, de son amour et de son estime d’elle-même.
Néanmoins, ces mécanismes arrangent la personne souffrant de la peur de l’abandon car elle en retire en échange de l’amour pour combler le vide intérieur qu’elle ressent, quitte à s’enfermer dans une vie insatisfaisante.
Quelles sont les conséquences de l’abandonnite ?
Souffrir de la peur de l’abandon occasionnent de nombreuses conséquences. Au-delà de la souffrance ou de la tristesse ressentie, l’abandonnique est particulièrement manipulable. À force de se plier en quatre pour rendre service, de s’adapter à autrui, ils sont souvent exploités par leurs proches. De plus, au quotidien, ils ont de grandes difficultés à vivre seules et tolèrent mal la solitude.
Les abandonniques, par ailleurs, ont dû mal à vivre des relations saines (jalousie, hyper-contrôle…). Ces dernières sont généralement compliquées et décevantes. En couple, ils choisissent des partenaires qui ne leur conviennent pas, mais qui les rassurent. Enfin, les individus présentant une insécurité affective sont souvent dépendants d’autres substances telles que les drogues, l’alcool ou encore la nourriture afin de combler le manque qu’ils subissent.
D’où vient le syndrome de l’abandon ?
Le syndrome de l’abandon, également appelé complexe de l’abandon, est communément lié à une séparation traumatisante vécue durant l’enfance : divorce, décès, éloignement… Ces blessures perturbent le schéma relationnel et dégradent l’image de soi. La peur de l’abandon peut, plus rarement, survenir à l’âge adulte à la suite d’une séparation amicale, amoureuse ou familiale difficile.
Il a également été démontré que l’abandonnite peut se transmettre entre les générations. Par exemple, une mère ou un père angoissé qui construit une relation fusionnelle avec son enfant, le rendra davantage dépendant affectivement et peu autonome.
Comment se libérer de cette peur ?
Se libérer du sentiment d’abandon demande du courage. L’abandonnique doit prendre la décision de s’en affranchir. La première difficulté réside dans le fait que le changement et l’inconnu font peur. L’être humain s’accommode de la souffrance jusqu’à ne plus pouvoir supporter une vie totalement inadéquate.
Ne plus avoir peur du rejet ou de l’abandon passe par la modification de son comportement. Changer son attitude permet de retrouver petit à petit, plus de confiance, d’estime de soi et d’autonomie. Retrouver ou gagner en confiance en soi est essentiel pour s’affirmer, mettre des limites, donner son avis, juger de ce qui est bon ou non pour soi. Plus nous avons confiance en nous, moins nous avons peur de perdre l’autre. Il s’agit d’un cercle vertueux.
Est-il possible pour un abandonnique de se faire aider ?
Modifier ses habitudes et comportements ancrés demandent beaucoup de travail. Il est même très difficile d’avoir le recul et l’énergie nécessaires pour s’en sortir seul. La psychothérapie est adaptée pour se défaire de ce syndrome.
Cette thérapie a pour but d’aider le patient à :
- mettre des mots sur ses émotions et ressenties
- se libérer des souffrances endurées
- chercher l’origine de l’abandonnite pour mieux se comprendre et s’accepter
- apprendre à mieux gérer ses émotions
- améliorer la confiance et l’image de soi
- retrouver la confiance en l’autre
En conclusion, la peur de l’abandon est un fardeau lourd à porter, mais il est possible de s’en libérer. Reconnaître ses origines, comprendre ses manifestations et en accepter les conséquences sont des étapes essentielles pour guérir. Avec du travail sur soi, du soutien thérapeutique et un véritable désir de changer, il est tout à fait possible de sortir de ce cercle vicieux. Apprendre à s’aimer, à poser des limites et à développer sa confiance en soi ouvre la voie à des relations plus équilibrées et épanouissantes, où l’on peut enfin se sentir complet sans avoir besoin de la validation constante des autres.