Le TDAH chez l’enfant
Les symptômes du TDAH
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH, en anglais : attention-deficit hyperactivity disorder, ADHD) est un trouble neurodéveloppemental qui implique une perturbation du développement cognitif ou affectif. Selon l’association TDAH France, ce trouble touche environ 5,9 % des enfants d’âge scolaire avant 12 ans (soit 1 à 2 par classe) et 3 % des adultes. Si le TDAH débute durant l’enfance, il persiste à l’âge adulte dans 15 % des cas.
Le TDAH associe trois symptômes différents, dont l’intensité varie d’un individu à l’autre :
- Le déficit de l’attention :
– difficulté à se concentrer et à terminer une tâche commencée
– manque de persévérance dès lors où une situation nécessite une attention particulière
– distraction, inattention - L’hyperactivité motrice :
– toujours en mouvement
– incapacité à tenir en place
– impatience - L’impulsivité :
– actions précipitées (agit avant de réfléchir)
– réponse rapide aux sollicitations sans prendre le temps d’évaluer les consignes, risques…
– humeur changeante face à une difficulté : énervement, colère…
Nous parlons de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, car l’hyperactivité n’est pas toujours présente. L’enfant peut souffrir uniquement de troubles de l’attention et de la concentration. Ces comportements peuvent à l’évidence être présents chez tous les enfants, mais ils sont particulièrement prononcés chez les enfants atteints d’un TDAH.
Les conséquences du TDAH
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité à des répercussions importantes sur la vie d’un enfant. Il perturbe sa vie sociale, familiale et scolaire : troubles de l’apprentissage, difficultés de socialisation, mauvaise estime de soi…
Selon l’Assurance Maladie, les enfants présentant un TDAH ont pour plus de la moitié d’entre eux des troubles associés :
- une conduite d’opposition (contestation, agressivité, colère, non-respect des règles sociales)
- des troubles du sommeil (insomnies, réveils nocturnes)
- une énurésie (pipi au lit)
- des troubles des apprentissages : troubles du langage écrit (dyslexie, dysorthographie, dysgraphie), troubles du langage oral (retard de parole, dysphasie) ; dyspraxie
- une anxiété ou une dépression
- des tics
- des troubles obsessionnels et compulsifs (TOC)
- un syndrome des jambes sans repos
Le diagnostic : qui consulter ?
L’âge moyen du diagnostic d’un TDAH se situe entre 9-10 ans. Pour confirmer la présence d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité le médecin traitant orientera l’enfant (avec ses parents) vers un médecin spécialiste du TDAH. Il peut s’agir d’un pédiatre, d’un neurologue, d’un psychiatre pour enfant ou d’un neuropsychologue. Le praticien lui proposera un traitement adapté. Dans un premier temps, un traitement non-médicamenteux est conseillé (psychothérapie, thérapie comportementale et cognitive…). Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut-être prescrit (psychostimulant) dans le but de stimuler le système nerveux central.
Par ailleurs, le spécialiste cherchera à identifier si l’enfant présente d’autres troubles associés.
Le TDAH après l’enfance
À l’adolescence
Si le TDAH n’est pas repéré ou s’il est pris en charge tardivement, celui-ci peut perdurer à l’adolescence. Le trouble se manifeste alors différemment. L’hyperactivité est moins présente, mais l’adolescent souffre tout autant d’impulsivité et d’inattention.
Ce trouble neurodéveloppemental peut avoir des répercussions sur l’estime de soi et aboutir à une consommation excessive d’alcool ou de drogues, un isolement et une dépression, mais aussi une addiction aux écrans et aux jeux. Par ailleurs, l’impulsivité peut se traduire par des comportements dangereux et risqués, dans le but de rechercher de nouvelles sensations.
À l’âge adulte
Un adolescent sur deux aura encore des troubles à l’âge adulte. D’après TDAH France, le TDAH concerne 3 % de la population adulte. Certains d’entre eux découvrent même qu’ils sont atteints de ce trouble tardivement. Une personne atteinte d’un TDAH à l’âge adulte doit faire face à des soucis organisationnels, à des reports des obligations à plus tard, à des comportements asociaux. Ces difficultés s’accompagnent de problèmes d’insertion sociale, de dépendances, ou de troubles psychologiques. En effet, sur le plan de la santé mentale, il existe un risque de dépression et d’anxiété. Comme chez l’enfant, le diagnostic est posé par un professionnel. Un adulte peut se tourner vers un psychologue ou un psychiatre qui lui proposera une thérapie accompagnée ou non d’un traitement médicamenteux.