Définition : qu’est-ce que le trouble de la personnalité borderline ?
Le trouble de la personnalité borderline (TPB) également appelé trouble de la personnalité limite (TPL) ou état limite, est un trouble de la personnalité qui se définit par une instabilité (émotionnelle, personnelle, interpersonnelle) et une grande impulsivité. Le mot borderline signifiant “à la limite”, caractérise ce trouble puisque celui-ci est considéré comme étant à mi-chemin entre la psychose (affection qui se manifeste par une perte de contact avec la réalité) et la névrose (affection caractérisée par des troubles affectifs et émotionnels).
Les individus souffrant d’un trouble de la personnalité borderline semblent parfaitement “normales”. Cette maladie commence à se construire en même temps qu’un individu construit sa personnalité et les symptômes apparaissent généralement chez les jeunes adultes.
Les manifestations du trouble de la personnalité borderline
L’état limite se distingue principalement par :
- Une instabilité qui se manifeste par des changements d’humeur (colère, angoisse, bonheur, anxiété…)
- Une instabilité dans les relations sociales (le borderline idéalise ou dévalorise à l’excès les gens qu’il fréquente)
- Une instabilité du mode de vie (changement de carrière, de valeur, d’objectif…)
- Une peur immodérée d’être seul ou abandonné. Ce sentiment est si fort qu’il est même présent quand il n’y a aucun risque d’être “abandonné”.
- Un dépression et un risque de suicide…
Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux américain (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM-IV), le diagnostic du trouble de la personnalité borderline doit comporter au moins cinq des critères suivants :
- Instabilité et nombreux excès ;
- Forte impulsivité ;
- Prise de risque dans au moins deux domaines (sexualité, toxicomanie, conduite automobile.) ;
- Instabilité affective ;
- Hyperémotivité avec fortes colères souvent sans raison réelle ;
- Menaces suicidaires et/ou automutilations ;
- Troubles de l’identité ;
- Sentiment d’ennui, de vide ;
- Peur d’être abandonné ;
- Réactions disproportionnées au stress.
L’état limite s’accompagne parfois de conduites impulsives telles que la kleptomanie, la boulimie et les abus d’alcool ou de drogue, mais aussi de l’automutilation. D’après l’Association d’Aide aux personnes avec un Etat Limite (AAPEL), 2 à 4 % des Français sont concernés, principalement les femmes. Il y aurait deux fois plus de personnalité borderline que de schizophrènes.
Les causes et origines du trouble de la personnalité borderline
Le trouble de la personnalité borderline touche principalement des sujets ayant une prédisposition génétique. Une personne qui a dans sa famille des proches atteints du TPB sera davantage susceptible de développer cette maladie.
Le facteur biologique a également un rôle. Plusieurs études ont démontré qu’un individu borderline présentait une mauvaise régulation des neurotransmetteurs et des hormones, affectant la manière dont le cerveau travaille et donc la gestion des émotions.
Enfin, l’environnement social et parental chez un enfant a un impact dans l’apparition de cette maladie (enfance traumatisante, choc violent, carences ou manques affectifs…). Environ 50 % des personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline ont subi des maltraitances psychologiques, sexuelles et/ou physique.
Comment soigner le trouble de la personnalité borderline ?
En règle générale, un traitement thérapeutique et un traitement médicamenteux (antidépresseurs, antipsychotique…) sont associés pour soigner le trouble de la personnalité borderline. Néanmoins, chaque cas et donc chaque traitement est unique. Le traitement médicamenteux ne permet pas de guérir le TPB, mais d’en atténuer les symptômes.
La psychothérapie reste aujourd’hui la thérapie la plus plébiscitée pour accompagner un patient souffrant d’un trouble de la personnalité borderline. Elle se fait avec un psychologue ou un psychiatre. Les objectifs seront différents en fonction des individus. En effet, le praticien peut par exemple aider son patient à gérer ses émotions, soulager sa souffrance, apprendre à mieux communiquer avec les autres… La psychothérapie a montré ses preuves en matière d’efficacité. Néanmoins, le patient devra se montrer persévérant et garder espoir car les améliorations ne sont pas immédiates. C’est un travail qui demande du temps.
Aussi, en complément des traitements, une personne souffrant d’un TPB devra apprendre si ce n’est pas le cas, à mieux prendre soin d’elle en adoptant une hygiène de vie équilibrée (sommeil et alimentation équilibrés, pratique d’une activité physique). Enfin, d’autres pistes existent pour se sentir mieux au quotidien : la sophrologie, le yoga, la pratique d’une activité artistique ou sportive…